Journal d'Anton B.

Mardi 3 novembre 2026, 18h35

Pars quaedam aeternitatis. Extrait du Journal au mardi 3 novembre 2026 :

« En vélo ce matin ; mais les freins remis, et la pluie moins pluie. Arbres basculés le long du parc ; le flux humain se recompose autour de l’obstacle, entouré de rubalise Poliția, et qu’on ne regarde qu’oblique comme si interdit de regarder. Vu souvent, depuis trois ans, pareille dévastation. Ville sur le trajet du vent. […] Hier une vieille femme passait un détecteur de métaux sur la bande de pelouse qui entoure les pistes d’atterrissage. […] La vie sauvage. Discuté avec A.G. […] Renault remet sa R5 au goût du jour. En croise une, verte. […] E. en formation, hier et aujourd’hui, sur l’IA, entourée de gens très convaincus – « De toute façon, on y va ». Revient écœurée. Pourrait démissionner demain si un mari moins incapable que moi. Me revient la phrase curieuse, à la radio, d’une dame en Afrique-du-Sud qui publie, de cette manière, 350 romans en vingt mois : l’IA oui, mais faut la cornaquer, faute de quoi elle n’écrit que l’histoire, dans un petit village, d’un boulanger ou d’un marchand de bougie. […] Reçu réponse de Ventspils. Ils acceptent. Un peu rapide, me prend de court ; dois méditer ce mail-là. […] Travaillé Denise. Livre qui est une dissémination. Le roman n’a pas besoin d’inventer. Dégager le lien entre deux petits faits : cette corde une fois sonnée recompose la matière autour. Denise se suicide en 72, en 21 Pierre tué en moto à Aubergenville, en 1905 une fillette mort-née, dans l’Aisne. Ni cause ni effet, logique constellatoire. Contenir le mouvement d’écriture, ici de nature expansive : une constellation, oui, mais dans une cocotte-minute. […] Mail de Cristian Fulaș, que recevrai le 19. […] Une heure à expliquer Héraclite mais c’est la fin de journée, deux élèves seulement. Rentre en vélo. Crochet par Kyralina, où j’espérais trouver le livre pour Marlène, mais trop tôt. M., croisé sur le trottoir, a reçu un message pour moi mais ne se souvient plus duquel. […] Dans le courrier une facture adressée à un nom français – Myriam Bouaron. Je vérifie sur Google: cette dame n’a laissé aucune trace, nulle part. Banal il y a dix ans mais aujourd’hui très palpitant. […] Tous les secteurs inondés, les gens retirent les plaques d’égout pour résoudre les marres mais les autos ne le voient pas, d’où accidents. Rues jonchées de poubelles, de branches. Les pompiers se fraient un passage au klaxon. A 18h l’électricité incertaine, saute sans arrêt. »


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