Journal d'Anton B.

Dimanche 4 octobre 2026, 20h22

Pars quaedam aeternitatis. Extrait du Journal au dimanche 4 octobre 2026 :

« Dans le tout beau registre de l’Institut culturel, la signature – dans un désordre artiste – des prestigieux visiteurs depuis 1914 mais le prestige, c’est vrai, quoi de plus relatif, et 1914 c’est loin. E., qui en revient, de citer quelques noms qui feraient hausser les sourcils à Hadrien. Puis conclut : le groupe Saïan Supa Crew à quelques pages du maréchal Foch. […] Littérature. Suis un mauvais critique. Les trucs les plus grossiers me trouvent sans résistance. Jusqu’aux SAS qui. La vérité, c’est qu’ai aimé tout ce que j’ai lu. […] La soirée chez Élisabeth, où croise Aurélie et d’autres. Y laisse les petits, rejoins Clément, au nord de la ville. Re-dînons là avec Julien B. et Manu, mais Th. s’est excusé. La Ballade de Bruno, d’Herzog. Bois une infusion rouge et c’est tout. Rentré avec Julien. A la maison à minuit. […] Romain a reçu Sophie + la lettre. Quel feuilleton, cette semaine. […] Cherché S. à pied à Floreasca, où dormait chez une copine. Mais les petites sont au parc ; Vlad, qui m’accueille, conseille pour le foie le chardon-marie. Retour en taxi, S. boudant ; aperçu, à la sortie de la messe en français, pas mal de têtes connues et des qu’on croirait pas. […] Reçu, de Bardeligne de très beaux textes, dont la prose de l’Enterrement de Jérémie Braque. […] Irons dans le Banat à la Toussaint. Une grande maison, pas chère parce que loin et rien que le feu pour la cuisine. […] La journée sur VM. Ignoré superbement l’énième BAT des Atrides, que je feuilletterai demain, tout au plus – peux pas le rouvrir sans tourner fou. M’aura manqué, pour mener à bien tous ces travaux simultanément, une solide assise mentale ; celle dont m’enorgueillissais jadis n’ayant pas survécu aux événements de l’hiver 2012-2013. […] Deux heures au parc, où les petits ramassent des marrons. Feuillette Voiculescu avec un intérêt tiède – mais ses Traductions imaginaires de sonnets shakespeariens imaginés susciteraient l’admiration de bon nombre de mes contemporains. Pitic, pe cea mai scundă din planete… Les petits jouent à disparaître dans la foule. Au retour E. me rase la tête. Fais cuire du lard et des pommes de terre molles, bleues et germées, que sauvera l’ail cru. Gueule sur les petits qui ravagent la cuisine, qui n’éteignent jamais et qui répondent. E., dans son bureau, compare les fils de soie, ceux qu’elle a renroulés serré gardent le brillant sauf si, bien sûr, les mains rêches ; parmi eux des bobines d’Algérie. »


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