Journal d'Anton B.

Jeudi 1er octobre 2026, 21h18

Pars quaedam aeternitatis. Extrait du Journal au jeudi 1er octobre 2026 :

« Sur le canapé, une vieille dame, Roumaine, qui fait des surveillances au lycée. Elle examine des échographies, dans sa main un rapport médical très dense. L’air grave. Et moi, bêtement, tellement bêtement, faisant fi de l’âge, de la langue, de la photographie qui, de toute évidence, n’est pas celle d’une grossesse, le cerveau court-circuité, l’automatisme : Mabrouk ! […] Tour du quartier, la nuit dernière, pour trouver une étagère. 22h mais peu de monde, mêmes les guérites se sont vidées devant les ministères. Rue Stirbei de la musique, la Jument de Michao, dois avoir rêvé mais non ; c’est un peintre, dans une échoppe, qui avance à l’huile un portrait de famille, et je reste longtemps, à moitié caché, à le regarder faire sans oser toquer. Ramasse une grande planche rue Berthelot mais solitaire, à quoi bon. Au matin, des caisses de bois, de grands bocaux en verre ; mais le bus va passer, les enfants, pas le temps de. […] La nuit dernière à finir la sixième livraison du Hospodar, pour remue.net. Benoît met le texte en ligne à minuit. […] S. s’est mal reçu sur le pied gauche, au parc. La cheville lui fait mal, elle boitille péniblement. Peine à s’endormir. Aucun gonflement. L’emmène à l’école, malgré tout, au moins pour voir l’infirmière. N’en entendrai plus parler de la journée. […] Dans un couloir la petite L. me transmet le bonjour de Rosine. […] Victor B. m’a signalé son souhait de rejoindre la petite discussion que j’anime en grec avec les futurs bacheliers. Joie. Donné mon accord. Se ressaisir. Tout n’est pas vain. […] Dans les restaurants roumains l’usage s’est maintenu de réserver, pour de discrètes amours, un cabinet privé : un séparé, disent-ils. […] Se ia un ciocan… […] Donné quelques heures ce matin, le reste de la journée à avancer la lettre pour VM. Elle doit être dactylographiée ; ai amené, à cette fin, l’ordinateur sur le plateau mais la machine n’aime pas, dois sans cesse la rallumer. Tout ça un peu vain. Reprends les enfants à 17h30, S. toujours la patte folle mais elle sourit et s’étonne de mon inquiétude. Les mets au bus et rentre en vélo. La circulation, partout, arrêtée par un carambolage sur la Presse Libre, j’arrive bien avant les petits. Aux courses pour du vinaigre mais l’engueulade d’il y a une semaine me fait ajouter quatre packs de lait. A 20h, paralysé de fatigue, incapable même de les embrasser. »


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