Journal d'Anton B.

Jeudi 10 septembre 2026, 21h05

Pars quaedam aeternitatis. Extrait du Journal au jeudi 10 septembre 2026 :

« Du grabuge, aujourd’hui, à l’école des enfants : un plaisantin a joué avec l’alarme intrusion. Je les récupère assez impressionnés. Il est 17h30, remontons les couloirs déserts où les dames du ménage rassemble de grands sacs de pelures d’agrume, d’où l’odeur. J. me demande, dans le sabir de la cour de récré, « C’est quelle ta préférée alerte ? » Il hésite, lui, entre celle des tremblements de terre et celle du feu, mais finalement le feu. […] Rosine corrige : le saint Corentin relève désormais de la responsabilité de Philippe ; il dormait dans la grange d’une de ses cousines qui, par extraordinaire, le lui a donné le jour-même de ma visite. Il veut lui retrouver sa place d’origine. Une enquête s’amorce. […] De Moustafa des photos de sa nouvelle voiture, une sorte de Kangoo rouge, pour 230 000 guinées. […] Rencontré des figures nouvelles, certains visages plus éclairés que les autres mais beaucoup ont choisi, hélas, d’habiter Pipera, Iancu Nicolae, les compounds de la ceinture nord, si désespéramment semblables au plateau de Guyancourt qu’on se demande quel voyage ces gens-là se vanteront demain d’avoir fait. Leur mauvais démon en poussera certains hors leur résidence à la nuit tombée mais ils l’avoueront tard et pas à moi. Vis sur une pente solitaire. […] Q., instituteur, a travaillé au Maroc, au Mexique, en Angleterre ; s’est marié il y a trois ans avec une Roumaine que je connais. Salarié, depuis, d’une école primaire française, au centre-ville mais l’école ferme sans prévenir, le personnel à la rue, les gamins laissés à eux-mêmes. La directrice, liée par des accords de confidentialité, n’avait averti personne ; elle continue, Dieu sait où, d’enrichir son Linkedin de traîtresse, pour ces gens-là tant d’opportunités merveilleuses. Il a passé, lui, la phase de la colère ; mais il serre les mâchoires en parlant et la veine lui gonfle sur les tempes. […] A 4h du matin forte odeur de lavande sous la porte : la concierge savonne les marches en pestant. […] S. m’a menti sur le brossage des dents. Pas la première fois. Lui débranche la lumière pour lire, rien qu’un soir. Esclandre. Durcissement de nos rapports, ce matin encore. Me demande si elle ne me méprise pas un peu. »


En savoir plus sur Journal d'Anton B.

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire