Journal d'Anton B.

Mardi 14 juillet 2026, 19h25

Force ni que rage. Extrait du Journal au mardi 14 juillet 2026 :

« Dormi dans la chambre de ma sœur, la fenêtre ouverte, mal, les moustiques. A quatre heures les yeux ouverts. […] Long petit-déjeuner tous ensemble. Puis mes parents gonflent une piscine pour les petits. Regardons les images du défilé sur France 2 ; les hélicoptères d’attaque font leur demi-tour au dessus de la maison, puis ceux de la gendarmerie, de la Sécurité Civile etc. Des avions juste le bruit. Pour midi E. monte à Paris déjeuner avec Fanny et Pauline. Marie-Laure nous rejoint à B., puis mon frère, dans sa voiture de service, qui allume le deux-tons pour les enfants ravis. Marie-L : ferai-je une fête pour mes quarante ans ? […] Quelques pas dans le village. Le jardin des grands parents a grillé ; dans la forêt comme un automne précoce. Dans la rue les gens ont tendu leur fenêtres de couvertures réfléchissantes. Au fort de la canicule, racontait Maman, la chaleur a déclenché du grenier l’alarme anti-incendie. Ai les doigts qui gonflent et l’alliance douloureuse. […] L’après-midi à travailler dans le bureau de mon grand-père, fenêtres ouvertes. Le vent léger suffit à disperser dans la pièce le nid d’hirondelle qui séchait sous le volet. Retrouve, dans une caisse, les agendas de l’arrière-grand-père, qui lui tenaient lieu de Journal. L’écriture de Maurice P. grave le papier pas cher de l’agenda, serrée mais curieusement ronde, comme une petite fille. Mercredi 8 juin 1983 : « temps chaud et lourd après les orages – 22 à 23°. Marie va au marché – où le produit augmente toutes les semaines. Le peintre en bâtiment passe pour toucher des sous. Taille de la vigne en vert. » Dans les notes de l’année 71 : « Les hommes de la météo de Tromelin – la plus petite île-Française de l’océan Indien. » puis, jusqu’à côté une Mademoiselle Huguette P., 97 rue du Gal de Gaulle à Vaux-sur-Seine, même nom que le sien, pourtant rare, jamais entendu parler. Découverte importante mais manquent de la fin 1971 à 1977, aussi mon hypothèse d’un grand nettoyage à la mort de sa fille, fin 72, n’est-elle pas invalidée. Meurt en novembre 86, dernière entrée le vendredi 7 novembre : « Temps gris persistant – vent léger d’ouest – 8 à 11° pas de pluie – J’ai passé une mauvaise nuit. J’ai du mal à respirer / ce matin je suis effondré. Je ne peux plus réagir – j’ai beaucoup de mal à me tenir sur mes jambes – je crois toujours que c’est la fin – finalement – je me repose un peu – et ça va mieux. Après midi j’ai fait un somme – de deux heures. J’urine beaucoup. Je respire mieux. Roland est aux ????? (illisible) – Hélène est venue laver la maison – Hervé envoie une carte – les feuilles tombent – bifteck à l’échalotte (sic) – salade – confiture » Il payait, la veille encore, les impôts fonciers de Flins et de Bouafle « par chèque bancaire : 3428 francs ». Dois mettre tout ça de côté avant que mon oncle ne s’en débarrasse. Travaille, en croisé, au manuscrit de Célia. »


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