Journal d'Anton B.

Lundi 25 mai 2026, 21h40

Force ni que rage. Extrait du Journal au lundi 25 mai 2026 :

« La nuit dernière au Z., joué aux échecs. L’adversaire s’excuse, il est saoul. Un ami vient d’investir dans les options (?), il sera millionnaire dans six mois, du coup ils ont bu du Beefeater. L’hurluberlu d’avant-hier, beret et fume-cigarette, gueule dans mon dos : Rentre chez toi ! Quand je me retourne il fait semblant d’être au téléphone. […] Le peintre à son collègue, dans l’appartement d’en face, en travaux, fenêtres ouvertes : J’ai deux enfants moi, fils de pute ! […] Les clefs sont celles de la salle de bain, que Nina avait retirées de peur que les petits s’enferment. Mais toujours pas retrouvé les miennes. […] A la fin des années 2000, le consul d’Espagne était encore franquiste. Celui qui me raconte avait été invité à dîner. Même chose pour moi chez Lauzun. […] De S., avec une adresse à Clermont. […] La journée sur le Plateau, y vois peu de monde, c’est malheureux. Déjeune avec Florian G. Mail de Rome, qui s’occupe des billets d’avion à condition de créer un compte Ryanair ; or n’ai pas de téléphone et l’opération se bloque. Celui d’E ? Mais ne l’aurai pas sur moi au moment de l’enregistrement. La secrétaire ne me croit pas, prend la mouche. La conversation, qui m’amusait, ne m’amuse plus. M’en débarrasse assez sèchement. Ils trouveront, ne trouveront pas, je m’en fous. […] Deadline, ce lundi, pour le dossier Machin, qu’une place attend dans la mutualisation-Europe orientale. N’ai rien fait, naturellement. Pas tant la volonté de ne rien faire qu’une sorte de létargie qu’aucun remords ne vient aiguillonner, pas le plus petit début de mauvaise conscience. Ils doivent attendre. M’écriront demain. Une expérience qui commence. […] Ai peine, le soir, à rester chez moi. Pas une franche volonté de boire, et même les échecs me fatiguent. Me manquent les marches de nuit, à Riga, les raids sur le port. Dîne vite, m’effondre. Elsa écoute des chants mortuaires oltènes, qui m’accrochent la conscience, m’empêchent de sombrer. Ce n’est que deux heures plus tard que parviens de me relever pour écrire mon Journal et qui sait, faire trois pas. »


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