Journal d'Anton B.

Samedi 23 mai 2026, dans la nuit

Force ni que rage. Extrait du Journal au samedi 23 mai 2026 :

« La critique, en français, d’un succès de la scène théâtrale roumaine : « un des spectacles les plus longévifs du TNB. » […] E. s’est achetée, en se gardant bien de me le dire, le catalogue détaillé, en roumain, du musée de la Blouse roumaine, qui lui plaît tant. […] La nuit dernière au Zadar, avec Hervé, Anne-C., trinquant avec G. et M. qui, eux, couvrent les affaires du pays, le premier pour RFI, la deuxième pour le Monde. Y resterons jusqu’à deux heures du matin, Mathieu nous rejoignant, de retour de Tiraspol (me donne une monnaie transnistrienne), avec Hussein, à qui ses récents déboires amoureux donnent un certain mordant. Un mot avec d’anciens élèves du lycée français, deux Libanais. M.L. raconte : à Kiev, l’alerte sonnant une vague de missiles, son amie s’est réfugiée dans la résidence de l’ambassadeur italien, dans sa salle de jeux ; s’y présentèrent, au fort du bombardement, les mères porteuses ukrainiennes d’enfants italiens. Un farfelu à la table derrière (béret cubain, grande nervosité et fume-cigarette) écoute notre conversation, brûle d’intervenir mais il comprend qu’il n’a pas affaire à des ignorants, que son bluff à lui – qu’il a déjà tenté sur moi – ne prendra pas ici non plus. […] De XXXX un message dangereux sur la politique là-bas, or la politique là-bas vous fait exécuter sommairement si les mkhbrt tombent dessus. Le vieil ami nourrit de sombres pensées, la pente est mauvaise depuis la mort de son père et je ne suis pas sans le soupçonner de chercher volontairement la merde – suicid by cops, dit le personnage du film. Ferais n’importe quoi pour le tirer du pays. […] Nouer l’aiguillette. […] Déjeuner avec Christophe et les Guille-L., puis café sous la galerie, les trois hommes. Puis nous rejoignent. Laissons, au soir, les petits à Nina, dînons chez Adrien et son épouse, à Pipera, dans un petit compound californien. Ils sont ici depuis treize ans, en ont vu des vertes et des pas mûres. Leur chienne s’appelle Elsa. Un sujet en appelant l’autre, ne rentrerons que sept heures plus tard. Apprenons, dans le taxi qui traverse la ville silencieuse – ou presque : sont-ce déjà les oiseaux ? – la palme d’or à Ch. M. Pas assez de liquide pour payer Nina. Lundi. »


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