
Force ni que rage. Extrait du Journal au 2 février 2026:
« Tempête de neige la nuit dernière. La brave en vélo pour un verre au Golescu. Ville déserte, les derniers passants avançant dos au vent, autos en détresse sur les trottoirs ; sur la Calea, d’empreintes que les miennes. Le thermomètre de sa terrasse, écrit L. depuis Baneasa, descend à -19°. Rentre vers minuit, péniblement, émerveillé. Près du marché Amzei deux gars demandent mon aide pour pousser leur BMW rutilante, qui ne démarre plus. […]La 106, elle, a démarré. Quinze centimètres, les bus à l’arrêt ; la neige une purée cendreuse. Parviens tant bien que mal sur le plateau, où passerai la journée. Les boîtes d’œufs à Anne-C. Mais l’ambiance est morose, les gueules tirées : les économies demandées au ministère finissent par affecter l’Agence, qui voudrait déconventionner. Pour beaucoup ici, les derniers de l’ancien système, la douche froide ; mais pour nous rien d’inhabituel. Je n’assiste pas à l’heure syndicale, on m’en fera le reproche – « Ils n’avaient pas de syndicat, chez les Grecs ? » ; mais E. raconte : une affluence exceptionnelle, constructifs versus matamores, un beau bordel. Elle ne retient que la proposition de Cl., qui touche le vrai : rentrer chez nous, lire, emmener nos enfants au musée. […] Le proprio nous rend visite, explications cordiales. Lui montrons les infiltrations d’eau sous les fenêtres mais il s’en fout, il veut vendre. Suis moins certain du prochain, qui exige d’être payé en lei au taux variable, ce que je refuse. […] Surprends S. à parler anglais. Pourquoi ? « C’est plus rapide. » […] Cl., racontant un voyage dans le nord : les gamins roms qui vendent des fruits soulèvent leur T-shirt au moment qu’on chipote sur le prix pour montrer les entailles des ronces où ce métier-là les fait descendre. L’intègre aussitôt aux Atrides. […] Article de Grégory sur Gingsberg. »
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