Journal d'Anton B.

Jeudi 26 juin 2025, 23h16

Points de bascule. Extrait du Journal au 26 juin 2025:

« Nous ne prendrons pas l’appartement de la gare du Nord. A moi de me trouver quelque chose : une garçonnière ? Pas de café qui puisse m’accueillir dans des conditions acceptables. Je range le petit bureau, en attendant. […] La matinée à lire. Essaie la climatisation mais le bruit. Trop mangé hier, pour l’anniversaire de Thomas ; m’en sens encore barbouillé, d’où conséquences sur l’esprit. S. Weil, stimulante. […] Un saut sur le plateau, y donne une heure. Puis reviens par la rue Amman, pour récupérer l’arrêt de travail d’Elsa : presque une heure à pédaler sous le plomb, des ponts routiers, des blocs à perte de vue. Le docteur allait partir, fait une remarque sur la chaleur mais je ne parle plus aucune langue, je prends le papier, titube vers la sortie. […] Le reste de la journée à chercher un café qui puisse m’accueillir ; en élit un, près d’Universitati, agréable, sous une colonnade. Y poursuis mon extraction de S.W. Rentre tard, les petits heureux sans raison, exigent, sautent sur les lits et, une fois dans le leur, sans arrêt demandent des verres d’eau. Tombe au moment qu’allais sortir. Verrons demain. […] Une petite chambre rue du Chat-qui-danse. […] Ville inhumaine, sans doute ; mais sans la grandeur, sans l’hybris qui fait parler ainsi de New York ou du Caire. Bucarest a renoncé à tutoyer les dieux, à hisser l’homme vers ces hauteurs où il ne devait pas être : une tour de Babel qui se serait construite à l’horizontale. Sans doute que le séisme joua son rôle mais je veux croire, aussi, à une certaine fascination pour le saccage urbain, que ce peuple ancien et raffiné expérimente comme le dernier cri de la civilisation. Il faudrait peser, enfin, l’hypothèse d’une ville mal à l’aise avec sa grandeur, et dont les concepteurs se seraient réfugiés dans des idéaux mineurs, l’isolation, la qualité du wifi, des canards dans toutes les pièces d’eau et surtout, surtout, tous les vingt mètres, des cendriers. Imaginez Élancourt bombardée capitale. […] Forts orages à Paris. Le toit de l’Assemblée percé. Ici tout est sec, tout meurt sur pied. […] La vente des Roches qu’impose le bon sens se voit retarder par celle qu’on pensait. Ils ne s’en sortiront pas. Ayant, moi-même, à un moment, conçu le projet de me porter acquéreur, je ne suis pas sans intérêt les tractations en cours. Mais la somme évoquée dépasse de loin les prédictions. […] De M.S.: mes deux portraits lui ont plu – ‘étrangement clairs’. Le mail date d’avant-hier. Comment diable l’avais-je loupé ? »

5 réponses à « Jeudi 26 juin 2025, 23h16 »

  1. Avatar de
    Anonyme

    La fraîcheur des carrés d’Elancourt m’ont apporté un agréable rafraîchissement le weekend dernier. Faut croire que je me fais trop vieille pour m’enjailler à Châtelet pour la fête de la musique. Les garçonnières se succèdent à Paris comme ailleurs rendant chaque passage plus fatiguant que le précédent.

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    1. Avatar de Anton B.

      Les garçonnières ont beaucoup compté pour moi, comptent encore. Mais Elancourt, que dire sinon qu’on y a mis France Miniature: rien de plus grand n’y pouvait pousser.

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  2. Avatar de
    Anonyme

    Que veux-tu, Duras a trusté Neauphle, les centre droite Maurepas et la SNCF La Verrière. Fallait bien qu’Elancourt avec son parfum de paysage riverain où on ne s’arrête pas sorte du lot. J’me motive, y’a de fortes chances que je finisse mes jours au square de Namur…

    Maintenant que j’ai le droit en toute légalité de conduire un véhicule, c’est toujours avec un certain attendrissement que je prends le virage vers Bailly après la Vilaine. Je tiens collection des noms de patelins de la Nièvre. Petite préférence pour le très efficace quoique basique : Anus. Y’a pas à dire, rouler offre des perspectives.

    Rien à voir mais j’étais en Loire tourangeotte chez la belle-mifa jeudi dernier, ça m’a fait penser à toi (d’où ma présence sur cette entrée). Vu aussi que les archives chez Musk avaient disparu. Dommage j’y avais aggrafé qques entrées pour te voler des tournures une fois la prescription passée.

    Comme quoi, toutes les sous-préfectures, de l’est jusqu’à Blois en passant par Versailles Chantier ramènent au territoire de Beraber.

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    1. Avatar de Anton B.

      Tu me flattes. Mon royaume ne dépasse pas le fort de Saint-Cyr. Il reprend à Saint-Aignan, ce qui est encore une heure sous Blois. Un archipel, plutôt.

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      1. Avatar de
        Anonyme

        Suffisant pour y faire le plein d’essence et un déca au comptoir. Le mien se circonscrit de fil nylon entre la Cure et la Guitte. J’ai abandonné les grandes plaines de l’est aux visages pâles. Ma carcasse n’a plus assez de chevaux pour les arpenter sans risquer de couler une bielle.

        Au plaisir de te croiser dans une station Avia de la A5.

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