Journal d'Anton B.

Samedi 11 avril 2026, 19h16

Force ni que rage. Extrait du Journal au samedi 11 avril 2026 :

« Naissance, jeudi, d’Ambre A., la petite fille de Bob-et-Nat. […] Rêvé: on jouait à la guerre dans une grande maison de province, à un ami probablement; après un début chaotique, je parvins à me cacher et à descendre mes ennemis (trois dans la cour, un dans la cuisine à travers une fenêtre et deux qui tentaient leur chance par le toit). Je me terrai toute la nuit dans le grenier. En descendant, au matin, je croisai la grand-mère de notre hôte qui n’était autre que la veuve d’Edouard Balladur, que ma présence en marcel et AK-47 interloquait mais toujours, l’éducation, n’en rien laisser paraître. J’apprends, ce matin, que Balladur n’est pas encore mort mais sa femme si. […] Répondu à Eric B. […] Me passe la tondeuse sur le crâne, S. Qui boude refusant de m’aider pour l’arrière. Désastreux, qu’elle commente en m’apercevant. Ridicule, dit sa mère, qui entreprend de rattraper la chose. Un café sous la galerie. Pâques obligent, plus que des étrangers. Trois tables en anglais. Attrape des bouts. What I’ve seen. Qu’est-ce qui remue en moi d’entendre encore, ne serait-ce que dans une drague pénible, en 2026 quelqu’un s’en remettre à ce qu’il a de-ses-yeux-vu? Et l’autre type, à la table derrière, qui vérifie sur son portable la température qu’il fera le 26 juillet à Majorque, l’hygrométrie et les vents dominants, de lever la tête, un peu. Devant l’église des amateurs ont déplié des chevalets. La tasse abandonnée sur ma table porte l’empreinte d’un rouge à lèvre. Soudain Jean au téléphone. Cet appel, qu’attends depuis deux jours – ce matin un mail encore de Benoît A. – tout conspire à me le compliquer: dans l’église les chants redoublent, l a ligne coupe, deux vieux secouent sur la pelouse, devant le buste de Dubček, une immense bâche en plastique. La fille, aussi, qui écoute ostensiblement, quelque côté que je me tourne (manteau violet, sac en papier à fleurs, tient un recueil de poèmes). Mais Jean a avancé, m’enverra demain. Ou lundi. […] Conversation, avec Clément, Chr. et Mathieu, sur le manuscrit de S., qu’il faudrait arracher à de mauvais destins. Envoyer une délégation à Suceava? Mais comment convaincrai-je E. […] Au parc à pousser le vélo, puis jusqu’à la rivière mais un vent très vif nous dissuade de traverser. Dans le lac du Cismigiu un gros rat mort, blanc de putréfaction. Les enfants ont vu un fou, torse nu; ils en parlent. »


En savoir plus sur Journal d'Anton B.

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire