Journal d'Anton B.

Lundi 23 mars 2026, dans la nuit

Force ni que rage. Extrait du Journal au lundi 23 mars 2026 :

« La matinée à mon bureau mais je ne retrouve pas l’esprit du texte sur les armes et le regard s’évade. L’arbre dont le sommet frappe ma fenêtre bourgeonne. Dans l’appartement en contrebas, une location AirBnb, le miroir sur le lit vide a été remplacé, dans la nuit sans doute, par ce que juge être une crosse de hockey. Sur le toit d’en face un bloc de béton mais tombé d’où ? Lève en vain la tête pour comprendre de quel désastre obscur et c’est dans cette position que la voisine me surprend, à son tour se brise la nuque. […] Changé la pédale mais je force sur la vis, abruti que suis. Passe, sur la route du travail, par l’atelier d’Hérastrau où le vieux me condamne dans son français du Tour de France : j’ai compromis le filetage, si je retire tout est foutu. Il avise mon bricolage ridicule sur la selle et sermonne : de quoi m’abîmer les testicules. […] Donné mon heure de grec mais deux élèves seulement. Rempli les appréciations dans un latin d’église qu’ils s’amuseront à traduire, ou pas. Repars dans la nuit qui tombe. E. a fait des crèmes brûlées mais l’idée me vient, bêtement, de les faire flamber au rhum. Désastre. Elle s’agace. Mangeons les choux de Bruxelles qui restait du Liddle de Provadia. […] David raconte : en France il faisait l’interprète pour la police. Une fois sa fille l’accompagne, on ne sait pas quoi en faire, on la met en cellule or il y a déjà quelqu’un ; et la petite demande : Tu es un voleur ? Le gars : Oui. […] De Célia une amusante coïncidence concernant G.R. […] Mort de Jospin. […] La soirée avec Marius Daniel Popescu au Londohome. Un homme peu ordinaire, très en avance sur moi dans ses réflexions sur le roman mais il a la gentillesse de me traiter en pair. La dambla. Le Groupe de Brașov. La photocopieuse, au dépôt des bus de Lausanne. Buvons raisonnablement mais j’ai trente kilomètres dans les pattes et la tête dodeline un peu ; mais les idées toujours claires. Le devoir d’écrire, la langue morte, le français n’existe pas. La conversation s’anime, les autres tables zieutent en oblique. Sortons vers minuit. »


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