Journal d'Anton B.

Samedi 21 mars 2026, 16h27

Force ni que rage. Extrait du Journal au 21 mars 2026 :

« Écrire rapidement – l’ordinateur peut planter à tout moment. Hier, rentré à 17h mais alpague, croyant bien faire, le gendarme de garde à la Nonciature. Lui donne le talkie qu’avais ramassé en février. Quel chambard. N’ai pas mes papiers français, que ma carte lettone, ce qui jette le jeune type dans un abîme de perplexité. Il appelle du renfort qui, eux mêmes, du renfort qui, eux-mêmes etc. Une heure et demi. Raconte trois fois les circonstances qui m’ont mis en possession de ce modèle militaire, modèle ancien c’est vrai, le leur est mieux – on me fait une démonstration – mais de quoi écouter, quand même, toutes les conversations du service. Les deux quatre-barres rédigent interminablement leur procès verbal sur le capot de la Dacia 1000, au bic bleu, en majuscules tant serrées qu’il leur faut me le lire à voix haute ; les deux deux-barres, à qui fut donnée à voix basse la consigne de me tenir à l’œil, m’allument une cigarette, essaient de meubler parce que ça dure et s’excusent, gênés, quand de fatigue je m’assois sur le muret de la Nonciature : c’est une représentation diplomatique, domnule professor, on a des consignes. E. passe par hasard, libère les enfants. On photographie ma voiture, une fois, deux fois, puis ma gueule, puis ma gueule devant la voiture etc. […] La femme de Pierre S. a échoué à conquérir la mairie de Nouans. […] Jeudi soir au Zadar. La marquise fracassée par la neige. Dans l’entrée une collection de fossiles, de cristaux poussiéreux, que les mecs bourrés font semblant de voler en gloussant. […] Maladresse. Le numéro de X. N’ai pas avoué quand aurais dû, maintenant trop tard. Sur le coup pas pensé à mal. Mais sa réaction, si violence, m’a cloué le bec. […] Au soir, les Rateau à dîner. […] E. me ramène, d’un bouquiniste, un Mélange linguistique de Rosetti. Parmi les mots étudiés, un français, ALADAD, dans l’article sur la syllabe phonétique. D’autres mondes affleurant le nôtre, par accident. […] Sur la carte postale de la Pietà, la date de 2007. Cru, jusque-là, que l’intérêt de Pierre et Catherine pour le tableau était retombé très vite après l’achat de la maison – ce qui me laissait le champ libre dès 2004. Semblerait que non. »


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