Journal d'Anton B.

Lundi 16 mars 2026, 23h18

Force ni que rage. Extrait du Journal au 16 mars 2026 :

« Les conversations de la nuit dernière m’ont poursuivi toute la journée. Absent de moi-même. Devais, en plus, aller au théâtre ce soir mais plusieurs surprises : les enfants, d’abord, qui sont encore là à 17h40, rentrons tous en voiture, ce ‘nous-quatre’ me rassérène ; puis c’est le théâtre lui-même, incompréhensible, les billets pris en janvier, le siège pas donné mais la pièce, depuis, disparue des radars, rien au TNB, des dates fantômes sur internet, aucun mail, aucun remboursement. Me suis fait enfler de 170 lei. Un raté bienvenu. Dînons de saucisses dures et de chou bouilli. Repars aux courses une fois les petits couchés. Courses pour durer, des réserves, le temps à l’inquiétude : 350 lei. A mon retour, de nouveau le coup de bâton : des nouvelles de Parmain. […] La femme de Pierre S. n’a pas été élue à Nouans. A Bailly le maire saute. Indifférence au reste. […] Obsédé par les portraits d’hier. En reproduis vaguement, ridicule que suis, au stylo dans mon carnet. Cherche le catalogue qu’E. m’avait offert mais ne le retrouve pas. […] Pas satisfait des photos. Voudrais, une nuit complète, marcher dans la ville, comme à Riga – me manque, pour ça, un bon compagnon. […] Nouvelles de Grégory. Mail, émouvant, de Florian M., à Riga ; il publie, par coïncidence, dans une revue, avec Grégory R. […] Changer d’avis. […] Important volume de mails avec le type du Collège Juridique de Bucarest, qui fait preuve de beaucoup de bonne volonté mais, faut-il le rappeler, la proposition d’abord vient de lui. […] Obsédé par les portraits d’hier. Personne, dans ceux que j’ai croisés aujourd’hui, qui puisse prétendre au dixième de leur présence. Être à la fois la flamme et la cire. Elles regardaient quelque chose derrière moi ; ma pauvre viande à moi déjà plus un obstacle. […] Devait jadis donner sur le boulevard mais le MacDo de la rue Cantacuzène la relègue désormais dans une arrière-cour : une clinique spécialisée dans l’OSTEOPOROSE, dit l’affiche, mais la pluie a délavé les grandes lettres bleues, la dartre ronge la façade, les fils tombant du toit se croisent devant les fenêtres. […] Me sens assez seul. »


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