Journal d'Anton B.

Samedi 28 février 2026, 20h05

Force ni que rage. Extrait du Journal au 28 février 2026 :

« Ne parviens pas de rallumer le portable de Madara ; là que sont, entre autres, le texte de Marine et ma réponse. Irai voir à Devnya. […] Des noix énormes, en forme de crâne d’oiseau, que les enfants remplissent de moelle de sureau ; je les brûle discrètement pour désencombrer. […] Le village pas épargné par l’Histoire. Pour preuve, la colline de l‘Ingiliska, sur la route de Vetrino, à cause qu’un convoi militaire anglais y a fait relâche pendant la guerre de Crimée, ce qui ne manquera pas de plaire à Hadrien. Le Wikipedia bulgare parle aussi, vers le sud, de cimetières tatares « ignorés des archéologues. » et, de l’autre côté, d’un « transformateur électrique de premier plan. » Ce n’est qu’en 1935, pour dé-turquiser, qu’on a voté pour ce nom, Neofit-R., du nom d’un moine de la renaissance nationale bulgare. […] La journée à Varna, 40km d’autoroute grise à forte pente mais la voiture supporte. Les cimenteries de Devnya, les carrières de chaux à perte de vue, qu’annoncent de grandes pancartes décolorées, très Dombass : Carrière de l’Avenir ou du Progrès pour Tous etc. ; la noria de bennes passe au dessus de l’autoroute, sur un téléphérique. […] Varna, toujours charmante. Déserte quoique soleil et samedi. Des stands de mărțișors sur les places. Sur la plage des clubs vides, les plantes rentrées. Dans la piscine couverte on donne une leçon d’escrime. De grandes fresques célébrant le Traité de l’Atlantique Nord – je ne peux résister d’en photographier une pour H. Deux pétroliers au large attendant leur tour. Petites vieilles tristes. La guerre éclate au Moyen-Orient au moment que nous attendons les pizzas. […] Stanka, la voisine, passe nous offrir un pot de zakuska. Lui parle du tsar Kaloyan, de Botev etc. ou, plutôt, ne fais que les nommer devant elle ; elle rit. […] L’après-midi au musée archéologique, les collections spectaculaires puis le long ennui byzantin puis les icônes, que passons sans nous arrêter. Étranges radiateurs de fonte en éventail, hors d’âge. Une limonade dans la rue, au soleil. C’est un café à la mode mais il est tôt encore, la foule cantonnée à l’intérieur, et la lumière tombe bien. Un Anglais gueule au téléphone qu’il s’est fait une chick à cent bucks ; il comprend que je l’écoute et se donne de l’importance. Finis par rentrer pour payer mais un livre au dessus du comptoir, Hecate Soteira, d’une certaine Johnson, que je tire aussitôt : un nuage de poussière de tomber sur le comptoir, les serveuses de reculer en piaillant. […] Au soir, du poulet, des pois-chiches, des poires, dont E. regrette, et je lui donne raison, que nous n’en achetions plus souvent. »


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