Journal d'Anton B.

Jeudi 12 février 2026, 23h07

Force ni que rage. Extrait du Journal au 12 février 2026:

« Levé tôt mais ici la douche chaude. En voiture jusqu’à l’école mais les rues dégagées miraculeusement. Sermonne J. avant de le laisser : il s’est battu hier dans la cour ; mais il ne m’écoute pas, il a eu froid cette nuit, il suit le fil mystérieux de ses pensées, les joues roses, les cheveux en bataille. Me laisse convaincre par les lycéens de reporter les deux devoirs mais n’aurais pas eu le temps de les corriger avant un bail ; m’écouteront, à la place, disserter sur Hérodote, la tête posée sur les mains, deux heures puis deux heures. Discuté avec Sébastien dans le petit bureau, avec Julien B., avec Thomas S. et Florian mais, paradoxalement, n’en aurais pas moins traversé la journée dans une impression solitaire. Remercié Magda C. par mail, écrit à M.D. Popescu pour mars – Elena s’inquiète de la logistique qui, je m’en rends compte, dépend en partie des décisions prises ici. N’ai pas eu le temps d’appeler M. Florea. Déjeuné avec Daniela. […] Au soir, Brazil. L’avais vu en avril 2004, à Nouans, avec Jean, un élément de la Semaine Sainte ; nous venions de fumer un joint énorme dans la grotte du moulin, rentrés la tête sur la selle tellement que, une marmite de pâtes carbo puis le film. Mais comme souvent les dystopies c’est la justesse des visions qui m’agace : justesse inutile, tout s’est vraiment produit, l’art n’aura averti de rien et nous-mêmes, qui perdons notre vie au service des puissants, le long de cette route qui ressemble à s’y méprendre à celle du film, nous continuons d’analyser, savants aveugles, les métaphores et les influences. Pas le cœur à ravaler mes phrases. En sortant, traversons le banquet de la fondation qui, au même moment, la masse salariale comprenez, décide de saboter les rémunérations : ça trinque, ça bâtit son linkedin, ça did an amazing job ; c’est, en réalité, la Chandeleur de la Chambre de Commerce Française mais je ne peux m’empêcher, le film y joue pour beaucoup, d’étendre ma défiance à tous les cravatés. Pour passer les grilles il faut badger ou bien, si préenregistré, simplement le visage. Le parking plein, la 106 perdue entre les Tesla. Ramené Hervé, que rien ne surprend, Anne-C. et Ana, que dépose à Kyralina. Un saut à l’ancien appartement pour les plantes et le vélo de J. Poignée de M&M’s dans le bol qui ne désemplit pas. A la maison à 22h. Dans l’assiette, sur la table, des feuilles de salade. »


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