Journal d'Anton B.

Samedi 13 décembre 2025, dans la nuit

Avant l’orage. Extrait du Journal au 13 décembre 2025:

« Levé tard et la la gueule en vrac. Les enfants finissent de petit-déjeuner. Message d’Anne-C., bien informée : nous n’aurons pas de nouvelles du dossier A., seul le syndicat les donne, il faut connaître du monde. On jugera facilement de la valeur de ces gens-là. Au café à dix heures ; à peine ai-je poussé la porte que le jeune fille me tend ma tasse brûlante : elle me guettait. Magda me rejoint à 10h30, discutons longuement avant que le froid ne la chasse. Rentre moi-même avant midi, avec détour par le caviste. E., pour déjeuner, a cuit des chips de chou kale, modo Madarae. […] Écrit à X. pour recoller les morceaux après la crise d’hier : que chacun fasse un pas. Pas de réponse. […] Ville : dispositif des Ressources Humaines pour assurer autour de l’observateur l’illusion de la foule permanente. Un minimum de moyens, d’où l’inévitable réemploi des figurants. Toutefois un rien d’attention révèle le truc : le militaire à l’œil sombre du 203, par exemple, joue ce matin, en traversant Victoriei, avec deux mômes en draisienne le rôle d’un papa-gâteau. Également la mère J. qui descend la Calea au volant d’une Mini et me dépasse à hauteur des Beaux-Arts. De l’église K., enfin, sort celui qui est à la fois instit en CM1, ivrogne au Londo et, en France, à Bailly, Père Noël bénévole pour le stand de la mairie. […] La chorale des écoles. Foule mais les petits adorables, S. concentrée, presque recueillie. Le proviseur, en civil, sort par la fenêtre de son bureau pour prendre des photos. Rentrons avec Florian G. et sa fille, que J. accueille avec joie. […] Un pope sonne à la maison vers 19h pour la bénédiction, il donne des bonbons aux enfants ; je le repousse, en forçant ma nature, assez fermement – « Nous ne sommes pas baptisés ici, une famille française », en retenant : républicaine. Lui : Il n’y a plus de chrétiens en France ? Sans suite. Pas aujourd’hui qu’aurons engraissé la curetaille. Mais il me pèse de repousser les gens et n’en tire aucune joie. […] La soirée chez Julien, avec Tinca, Manu, Clément et Florian. Parlons. Manu offre des livres à chacun – pour moi des poèmes de M. Visniec. Oublions le film que nous devions voir. Le cognac à la ciguë. La fontaine des Innocents. Le salafisme en Côte-d’Ivoire. Le jeûne orthodoxe. A la maison à deux heures. »

Laisser un commentaire