Journal d'Anton B.

Samedi 29 novembre 2025, 23h51

Avant l’orage. Extrait du Journal au 29 novembre 2025:

« Appris, incidemment, le drame de la vie de X., que vois tous les jours et dont ne savais rien. Un drame d’intérêt national, il y a vingt ans, plaques et marches blanches. Il y avait toujours cette ombre sur son visage. Cela. […] L’armée roumaine tirera 29 coups de canon pour fêter l’Union de la Roumanie. Un gros bruit, avertit la mairie de Bucarest, qui met en garde les parents de jeunes enfants et les propriétaires de pets. […] A midi chez les L. pour l’anniversaire d’Elise ; mais l’armée prépare le défilé de lundi, les boulevards sont fermés, et il pleut à torrent. 50 minutes de route et n’avons pas fait deux kilomètres ; puis zigzaguons dans la banlieue, en nous engueulant. La 106 sent le brûlé. Une grosse berline nous double sur une flaque, éclabousse la 106 or E. avait sa fenêtre ouverte, pour les virages : toute trempée. Éclatons de rire. […] A midi le canon lointain. […] L’anniversaire a lieu dans une barre d’immeuble, à Baneasa ; étions passés dans cette rue avec Jean. Conversation plaisante, avec Hervé en particulier, qui a roulé sa bosse en Asie, raconte les combats de coqs. Il connaît très bien, depuis Kiev, Alexandre Nedelec. Pars après le gâteau, avec Clément, en taxi pour Kyralina, où reçoivent un auteur, ancienne libraire d’ici, pour son premier roman. Elena gentiment me roule une cigarette. La rencontre pas inintéressante : souvenirs du Bucarest des années 80, souder les clopes, la discrépance, sarbacanes et pistolets de plantain (me renseignerai sur ce point-là). Le français d’aujourd’hui, « en fait », « hyper » « débile » mais c’est une langue choisie, revendiquée. Elle baisse le micro vers son verre en se resservant de l’eau, d’où les bruits. M’échappe, avec Clément toujours, avant le karaoké. […] Préparé mon texte pour demain, les 13 ans de Kyralina : une Liste des librairies qui ont compté, très dépouillée. M. l’imprimera. […] Un verre au Londohome, à parler de traduction ; pioche un livre au hasard derrière moi, c’est Baudelaire, les Petits Poèmes en prose, en roumain, où cherchons des exemple. Puis dérivons. Pioche un autre livre, de la poésie auto-éditée, un peu pour dire du mal mais la première strophe n’est pas mal, me retrouve con. Mauriac a préfacé un livre de Siné, raconte C., sur les chats. Rentrons en bus, lui par le 331, moi par le 381. E. ne dormait pas, les voisins font une fête. »

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