Journal d'Anton B.

Vendredi 17 octobre 2025, 22h08

Fumul vremii albastru. Extrait du Journal au 17 octobre 2025:

« En bus ce matin ; mais je presse trop, c’est dans celui de 25 que sautons : un 203 vide, où les petits dessinent sur la buée. Le soleil se lève au moment que longeons l’aéroport. Chantonne, sans y penser, « La liberté guiiiideee nos pas. » jusqu’au lycée ; que Julien H. reprend, à pleine voix. Finissons en chœur. […] « Elle a coqueté avec l’Église. » […] Approché par X., avec tact, pour me reprocher mon manque de fermeté à l’égard de Y. C’est exact, n’ai rien à répondre. Il m’a toujours semblé qu’on ne pouvait rien imposer aux gens, et je n’ai pas voulu forcer ce monsieur à m’écouter. Sans doute en a-t-il profité, jusqu’à l’incorrection ; mais j’avais l’attention ailleurs, l’ai écarté comme deux enfants qui se battent au milieu du chemin. L’affaire, de mardi, m’était aussitôt sortie de la tête mais a fait du bruit ailleurs. Le monde pousse du coude. […] Rencontré Catherine dans un couloir ; la pensais déjà partie. Suis mauvais pour les adieux. La deuxième bise est pour E. […] Écrit à M.C., en français, qu’il ne parle peut-être pas autant que l’espère ; mais je préfère cette maladresse à la traduction internet. […] C’est Manon qui nous emmène en voiture, du lycée, à 16h30. Longeons l’ambassade US, étrangement calme. Aux fenêtres du deuxième des arbres de jade ; trois gardes s’en grillent une à la porte du consulat. L’anniversaire de Philomène est dans une zone de jeu (le Kidoo), au centre commercial. Saturation immédiate, les gosses fous, en nage dans leur costume d’Halloween. Les bonnes chinoises, les épouses solitaires, plus ou moins refaites, au visage andin ; deux trois grands-pères avec la barre au front. Plus capable de dire s’il y a de la musique. Un homme déguisé en dinosaure va et vient avec des sculptures de pâte à sucre. La lumière artificielle l’emporte et de loin ; le jour pâle qui tombe de la dalle de plexiglas strié, là-haut, accroche l’œil sans lui suffire. Une table singulière, pourtant : un vieux beau, les sourcils aux khôl et le seau à champagne débordant de bouteilles, au fond de la salle trinque à la santé de trois gonzesses pareillement décaties. Vision qui sera la dernière avant que celui qui m’enfonce un mixeur dans le cerveau presse le bouton. Rentrons par le bus, à la maison à 21h ; E. nous y attend avec de la salade juive, du crumble etc. Découvre les mails de Maud. M.C., lui, n’a pas répondu. […] Anniversaire de mon frère.  »

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