
Frustra ferro diverbere umbras. Extrait du Journal au 2 octobre 2025:
« Rentré à deux heures du matin. Rêvé : suis dans une forêt ukrainienne, jeune recrue, attendons les troupes russes pour un combat dont je réalise mal l’ampleur. Les chefs inquiets ; les téléphones reçoivent les vidéos de propagande ennemie puis se bloquent. Au dessus des arbres des feux d’artifices qui sont, imagine, de la DCA ; dessous, dans les fougères, des mouvements suspects. On s’agite dans un sabir incompréhensible, on croque des oignons crus. N’ai qu’une heure d’expérience de la guerre, pas encore reçu d’arme mais c’est à moi que revient de guider le chanteur Oldelaf, tout juste arrivé et pas bien au courant, pendant la retraite (la défense élastique) ; il ne court pas assez vite, je l’engueule, une fille se pointe qui me reproche de l’engueuler, qu’à la guerre ça marche pas comme ça, etc. […] La journée sur le plateau. Pluies diluviennes. De lourds hélicoptères militaires vont et viennent très bas dans le nuage. Lis péniblement Arghezi avec l’aide d’Alexandra – la réforme orthographique de 1992 fait hésiter Sorina, trop jeune ; mais c’est moi qui trébuche sur l’étrange traduction de 1981, la « fuite des centeniers », le « sirac », pas sans rappeler les breuils, les noues et les yeuses de mes premières traductions latines – champ clos des versions d’agrégés, printemps vieillis entre les pages du gaffiot, fleurs et fruits en cire posés sur des cartons pour des idylles de pâtres sous cloche mais voyons quand même, quelque chose se dit. […] « Vingt-cinq ans aujourd’hui c’est vingt ans. » […] Z. presse C., qui n’en avait guère l’intention, de ne pas aller se battre en Ukraine. […] De X. pas de nouvelles. Le message de cette nuit, énigmatique. Il ne prend pas mon appel. Sa réponse au sms très sèche, pas dans son style : à la Dupont de L. je dis pour faire rire, mais personne ne rit. […] Le soir au cinéma, Opening Night, très convaincant. Ramène Julien en voiture. Un verre au Zadar avec ce compagnon inattendu de la nuit bucarestoise. Manque de sommeil. A la maison à minuit. »
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