
Frustra ferro diverbere umbras. Extrait du Journal au 5 septembre 2025:
« La nuit dernière au Zadar : y sont Sarah et Grégory, Ioanna et Victor, Mathieu, Bogdan. Alexandra va et vient, l’air absent ; s’assoit à une autre table que la nôtre, disparaît. Soir des grandes nouvelles : Ioana est enceinte, un garçon, pour décembre ; Sarah et G. se marieront l’été prochain. Parlons, bien sûr, de cette naissance à venir. Sur le visage de Victor une gravité nouvelle. Ioanna a laissé, au fond de son verre, une fraise intacte. Greg raconte la soirée du 16, qu’il organise à l’institut ; Sarah refuse, elle qu’on parle de son travail pour Arte. Passe le type dont ne me souviens jamais du nom, Libanais qui loue des apparts, un peu naïf ( »Comment elle sait, la balance, ce qui est de la graisse et ce qui pas. ») Mathieu, qui a reculé sa chaise, sourit comme un Bouddha. Le reste de la soirée à plaisanter avec les uns et les autres ; à causer, surtout, avec Bogdan, être d’une sensibilité et d’une culture extraordinaires, humaniste au centre des choses, le seul que j’autorise à me parler d’enseignement – donnerais cher pour assister à son cours d’arts plastiques. Une phrase de Nietzsche l’a marquée : L’homme est fatigué de l’homme, dans la Généalogie de la morale. Également Bataille, la grotte Chauvet, P. d. Francesca, la série des Palettes qu’il écoutait, adolescent, à Galati. N’ai pas fumé, à peine bu. A la maison à une heure. […] Emmène les petits au lycée en vélo. Y resterai jusqu’à 15h30 pour les ramener ; entre deux temps, donné deux heures. Brefs échanges avec Simon V., qu’intéresse l’idée de Cartarescu ; avec Clément S., motivé pour un tournoi d’échecs ; avec Laure, fraîchement arrivée d’Abidjan ; avec Julien, sur Homère et Héraclite. […] Le débroussaillage après la tempête de juillet a dégagé, dans un buisson où suis pourtant passé mille fois, une croix avec un nom de femme, tuée sur la route en 1990, à 32 ans. Souvent les mêmes dates : sont-ce vraiment des accidents ? Années de trouble. Demanderai. […] X. conclut : Démence fronto-temporale… Son interlocuteur laisse passer un temps, puis : Pas simple. […] Rentrons en vélo. Arrêtons le long de l’aéroport, pour admirer le décollage d’un petit Airbus de la Wizzair. Sur le tarmac un Transal roumain, des jets privés, un Boeing d’Air Slovakia immobilisé ici depuis avant notre arrivée. Le soleil cuivre mais tape encore. A la maison à 16h30. Bois deux litres. […] Némo en Grèce avec sa copine. Ont nagé dans des grottes, voyagé à cheval, assisté à la naissance des tortues. Photos et vidéos. Les enfants ravis. »
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