
Points de bascule. Extrait du Journal au 24 juin 2025:
« Les enfants et Elsa en costume traditionnel, répondant à l’appel des maîtresses. Prends la photo, une fois n’est pas coutume. L’envoie à ma mère, à Rosine, à Jean et Hadrien. […] La matinée sur mon texte. Pas dans l’appartement, dont j’ai accepté qu’il ne permette pas le travail de l’esprit ; mais sur la terrasse de l’hôtel d’à côté. Sur le plateau pour 12h30, pour une réunion qui, je le comprends assez vite, n’aura pas lieu : deux collègues ont confié la tâche à l’IA, qui devait l’expédier facilement mais ça ne tourne pas comme prévu, doivent vérifier par eux-mêmes, une affaire personnelle, l’Homme contre la machine. L’enjeu me dépasse de beaucoup. Me réfugie dans la petite cour, sous les arbres, pour lire un poète dont je dois sans cesse vérifier le nom sur la couverture – Rognet ? Rogné ? Des femmes défilent, en blouse roumaine, dans la lumière du soir bizarrement avancé – quelques hommes, aussi, en chemise brodée. Les Atrides. Ai posté le texte à midi mais ne me fais guère d’illusion : pas demain qu’une décision sera prise. L’oublier, de nouveau. Deviens fou. […] Beau cadeau de Sylvain : alc’hwez ar burev bihan. Sera terriblement utile. […] Remerciement de M. Volf après la collecte. Ne la reconnais pas sur la photo: jeune, souriante. La vie, comprend-on, ne l’a pas épargnée depuis. Une pensée. […] Mail de l’espace du syndic de copro de Parmain, qu’Elsa me fait lire: l’inondation ayant coupé l’appartement de la terre (phrase que je dois relire) la voisine prend maintenant des décharges électriques dans sa douche. […] Une coquille: la brise de 29. […] La terrasse de l’hôtel. Une femme la passe au jet d’eau, me chasse, me suit jusque dans les coins. Le maître d’hôtel me reconnait, salue. Un bon endroit pour. […] En vélo vers le plateau. Soleil brûle pas tant qu’aveugle. Du monde au PSD mais le parti est hors-jeu, les autos du milieu de gamme; de jeunes gens, la veste tombée, shootent dans la poussière devant la porte de service. Un autre papillon me heurte le long de la DN1 – me mord la main. Ils sont nombreux autour du terrain d’aviation, se rassemblent pour passer l’autostrade, s’y font refouler. A la barrière de sécurité, un problème: pas de garde. Celui des grilles m’aperçoit, traverse la dalle de béton brûlant pour m’ouvrir. J’essaie d’expliquer, tant bien que mal, que je n’ai pas osé passer sous la barrière, pas tant la peur d’être grondé que celle qu’il le prenne mal, lui etc. Je m’emmêle dans la langue, il ne comprend pas. M’adresse, au moment que repars, un bizarre salut militaire.»
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