Journal d'Anton B.

Samedi 14 juin 2025, 19h15

Points de bascule. Extrait du Journal au 14 juin 2025:

« La nuit dans les cafés : au Zadar où croise Mathieu et S. mais ils n’ont pas trouvé de chaise, une foule se presse dans la petite cour, une espèce de nain fou nous bouscule en trépignant. Marche jusqu’au Londo, où la salle est vide. Des visages connus, dont Matei, en grillons une ensemble, également B. et Cy. Musique trop forte. Aurélie me rejoint. Éloge de Nikita Stanescu dont ai ouvert hier la Leçon sur le Cercle. A la table d’à côté Simon V., que je n’avais pas reconnu, qui vient me saluer mais des autocollants de la Vitre, qu’il voulait voir, pas un ne reste. On nous chasse vers deux heures, revenons au Zadar : Mathieu et Samy ne sont plus là mais Hussein. Il a tombé la cravate mais laissé la chemise boutonnée jusqu’en haut. En galante compagnie mais ce serait peu chic de donner son nom, disons : un personnage de ce Journal. A. lit ma Vie de Françoise Villain ; l’appellerai, pour évacuer le nom, Françoise aux Merveilles. La fille, ivre au dernier degré, la mâchoire gonflée comme pour une dent de sagesse, roule d’une table à l’autre, part vingt fois, revient toujours. Les derniers clients se moquent d’Hussein, tombé bien bas – mais l’excellent homme rit avec eux, impérial, et s’en ira seul. A la maison à quatre heures. […] Il y a deux jours, dans une des réunions qui voudraient contrarier l’éloignement inéluctable des hommes dans un univers pourtant en expansion, et qui, échouant, ne font que le vérifier. F.M., est assis à côté de moi, un collègue, l’ordi ouvert. Deux heures durant le vois discuter avec Deepsake: la couper, la relancer etc. Soupçonne les deux autres, en face, d’en faire autant. Les appréciations au tableau sont également produites par l’IA – X., qui les signe, n’en fait pas mystère. R., qui préside, l’air absent, l’œil rentré. Pas autrement qu’imaginais, petit, la conversation des poupées dans le coffre. […] Maman et Mamina au téléphone : sont à Toulouse, pour la fête de Patrice. […] La plaque qui identifiait le buste d’Omar Khayyam a été enlevée : travail de brute, comprend-on. Un hommage, ça disait, de la République islamique d’Iran. Lien, peut-être, avec les événements des deux dernières nuits, au Moyen-Orient. Mais j’ai une nuit blanche derrière moi, à la surface du réel éclosent de grandes bulles qui nouent entre eux les arbres du parc, les jambes des belles passantes, les têtes grêlées des canards de Barbarie et ne suis plus sûr de rien : y-a-t-il jamais eu une plaque ? […] La soirée chez Yohann, strada Frumoasa. Feryel va garder les petits mais elle a du retard, les routes seraient bloquées. Elsa brique la cuisine, la salle de bain, le couloir, de honte que. »

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