Journal d'Anton B.

Vendredi 18 avril 2025, 22h44

Points de bascule. Extrait du Journal au 18 avril 2025:

« Levé à huit. Le manque de sommeil me pèsera sur les nerfs toute la journée – une heure de sieste n’y fera rien. […] La matinée près de l’ambassade avec mes parents. Les rues désertes, le temps pascal. Un curé est sorti de l’église en chasuble couverte de croix d’or, il passe un coup de fil discrètement, se retourne pour n’être pas vu. Un fleuriste emporte une couronne mortuaire en s’esclaffant. Un flic solitaire traverse la place à pas lent, descend tout pâle et la chemise défaite dans l’escalier des toilettes. Un vieux Moldave tient une brocante, propose des Bibles reliées en souple, ne comprend pas mon indifférence. E. et Maman achètent des gâteaux près de la synagogue, les mangeons dans un café pas loin. A Kyralina pour acheter Solénoïde, l’offrirai à Yann cet après-midi. […] Cette histoire de Yann tourne vinaigre : il n’a pas répondu à mon message ce matin, ni à mon mail. Il aura perdu son portable ? Peut-être aussi son mal a empiré dans la nuit, un malheur est arrivé, qu’en sais-je ? Finirai, avec mon père et S., par aller voir devant sa porte, si l’immeuble ne s’est pas effondré. Ils ont, en réalité, passé la journée aux Thermes, les retrouvons, avec sa femme Laurence et leurs deux filles, au Cismigiu vers 17h. E., maman et J. entre temps nous ont rejoints. Un verre sous les parasols, des cercles se croisent qui d’ordinaire jamais. La nuit tombe très lentement, nuit d’été avant l’heure, nuit nouannaise appelée, on dirait, par les parterres de myosotis, par l’eau verte. Une heure ou deux. Les enfants et les femmes rentrent en taxi, mon père et moi à pied en remontant la ligne de tram. Lui montre le cinéma Dacia et les traces de l’incendie du marché. […] Les devis se multiplient pour Parmain. Ceci également : le propriétaire, que je croise en bas de l’immeuble – m’attendait-il ? – demande avec un brin de gêne s’il ne serait pas possible, par hasard, de payer en liquides (le loyer lui-même, 2500, puis les charges, plus de mille). Réponds oui un peu vite. E., dont c’est le nom sur la carte, pense qu’au dessus de 700 il y a des frais. […] Ouvrir les Atrides ce soir, demain, à n’importe quel prix. Il faut finir avant le 6 mai. Ne crois plus que personne m’attende nulle part. »

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