Journal d'Anton B.

Mercredi 16 avril 2025, 23h31

Points de bascule. Extrait du Journal au 16 avril 2025:

« La nuit dernière, avec Yann M. Deux ans que ne nous sommes pas vus – j’étais passé le saluer dans son bureau. Il a maigri, les cheveux blanchis ; il a cinquante ans, m’apprend-il, ses deux filles 15 et 18. Passe le prendre à son hôtel, devant le MacDo ; descendons au Londo, qui est vide. La conversation s’aiguille aussitôt vers ce qui compte : la rhétorique, dont il a toujours la charge en Sorbonne, la littérature grecque, qu’il explique à la Catho depuis 1999. La question de l’IA le turlupine, lui aussi ; ses idées vont dans le même sens que les miennes. Rentré à minuit. […] La journée sur le plateau. Crises diverses, auxquelles par bonheur ne suis pas – encore – mêlé. Un message au tableau annonce une nouvelle politique salariale : elle sera présentée demain, en l’absence des représentants, ce qui n’augure rien de bon. Les collègues roumains et quelques-autres, qui n’ont d’autres rentrées que celle-ci, tirent la gueule. Deux parties d’échecs avec Robin, que je malmène. Moment agréable avec Aurélie. […] Pas un hackage, finalement : une collègue s’est plantée dans les tableurs. Elle va ‘chausser ses lunettes’ et corriger. L’affaire close. […] Mail rassurant de Guillaume S. […] Pâques bientôt. Le réfectoire presque vide : ça jeûne. Pour les plus jeunes on sert des œufs au plat. Mon assiette qui déborde de viande fait tache. Déjeune dehors, au soleil, avec Sylvain ; sa joie communicative. Il s’est arrangé pour Liliana L., le 26, malgré toutes les résistances. Devrions commencer sans tarder les négociations pour Cartarescu, ce à quoi plusieurs m’ont encouragé cette semaine. […] Mes parents à Otopeni vers 17h : ils ont déjà raté le train, Elsa leur prend par internet des billets pour le suivant. Ne peux passer les prendre : l’embouteillage est absolu ; et j’ai tout le mal du monde, dans l’autre sens, à atteindre la Gara de Nord à temps. Remontons à pied jusqu’à la maison. Les petits fous de joie, couverts de cadeaux. E. a tout nettoyé, fait les devoirs, les courses, préparé un poulet. Suis trop fatigué pour en profiter pleinement ; ai un peu honte, à vrai dire, de montrer dans quelles conditions vivons. […] La dame qui ne parle pas anglais a rappelé ; mon roumain est rudimentaire, mon russe pire encore – elle est moldave. Nous entendons pour un rendez-vous en mai, qui s’annonce mal. Demanderai un interprète. […] Maud éditrice de l’année dans Livre hebdo. Mais je n’avance pas. […] Quelque chose doit changer mais quoi. »

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