Journal d'Anton B.

Vendredi 7 mars 2025, dans la nuit

Points de bascule. Extrait du Journal au 7 mars 2025:

« Maman a 65 ans aujourd’hui. […] De nouveau l’appartement bruyant, l’ascenseur, la colonne de désespérés aux caisses du Mega-Image. Les nerfs immédiatement usés, on se prend le chou sans savoir pourquoi. […] Rêvé de Max. L’invitation des Merle a venir en Lettonie y est sans doute pour beaucoup. […] Regardé hier, avec un jour de retard, le discours de Macron. Le ventre noué. La guerre, donc. Ce matin, comme un coup de timbale, une bombe de la Seconde Guerre coupe le trafic à la gare du Nord. Petit rappel, pas inutile, de ce qui nous pend au nez. Ce que l’avenir nous promet, ce n’est pas la Poste qui nous l’apportera. […] Au parc avec les enfants. Pas de perce-neiges. Un garçon d’une dizaine d’années passe en vélo, dans la main l’unique jonquille, qu’il a férocement arrachée. Heureusement S. ne l’a pas vu faire. Puis des glaces. E., qui s’est assise à l’écart pour lire, se fait aborder en français par une vieille dame qui ne la lâchera plus. Fascinant magnétisme de ma femme sur les marginaux. […] Soirée à la librairie pour le nouveau livre de Christophe. Puis dans un café mais pas au Londohome, qui nous refuse. Longue conversation avec Hussein d’une érudition étonnante sur l’état du monde (et sur le mot Stejar, le chêne, du pur substrat dace), avec Bodgan sur ses travaux artistiques, avec Ch. surtout sur la désécriture, que je comprends et dont il veut voir un exemple dans ce Journal. Avec nous Grégory et Sarah, Victor, un couple de lecteurs franco-roumain et Roxane. Reviens absolument saoul, en titubant sur mon vélo. Quelle heure est-il ? Les oiseaux chantent déjà devant l’Athénée. »

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