Journal d'Anton B.

Vendredi 14 février 2025, 20h52

Points de bascule. Extrait du Journal au 14 février 2025 :

« La nuit agitée, J. réveillé deux fois, je finis pas le coucher dans mon lit. Il a mal au pied – c’est, chez moi, une douleur de fièvre, et c’est vrai qu’il brûle. Mais je suis seul et il faut bien amener la grande à l’école. Descendons, tirons de l’argent, arrêtons un taxi ; un type nerveux, qui conduit mal et, comme je le pressentais, n’aura pas la monnaie sur mon billet de cinquante. Faisons, J. et moi tout seuls, le trajet inverse vingt minutes plus tard, en voiture toujours. Sur l’aéroport flotte une poudre dorée, très belle, abrasive sans doute puisque les ouvriers se pressent d’arroser les appareils. J. réclame un Inspecteur Gadget puis s’endort. La Dacia 1000 se faufile dans la cohue mais ne peut éviter une attente, près de l’université agricole, devant la plaque d’un écrivain roumain inconnu de moi – Ion Biberi qui, c’est écrit,  »a vécu et travaillé ici dans les dernières années de sa vie. »[…] Réponse de Christine H. sur les derniers jours de Dominique Arnould : pénibles, comme on pouvait s’y attendre mais, précise-t-elle, elle appelait très souvent. Je joue à imaginer la teneur de ces appels. […] Moins froid ce matin. La bassine de lessive que le concierge jette quotidiennement devant la porte n’a pas gelé. […] Revu, hier, dans la montée de Baneasa, le type assis par terre, qui fait des aquarelles. Un clochard, sans doute. Ne me suis pas arrêté, j’ai regretté. […] A côté des ‘Priveste Cerul’ (‘Regarde le ciel’, parfois en français) que j’ai remarqués dès mon arrivée en août, apparaissent depuis quelques semaines de grands AMORC, énigmatiques, à la bombe noire. Un sigle ? Un lien, peut-être, avec les violentes manifestations de janvier ; mais ne peux m’empêcher de préférer l’hypothèse d’un avertissement jeté là par quelque mystérieux voyageur du futur. Tapé le nom dans Google : rien de clair. […] Mail de Guillaume S. M.D., son Mister Hyde, est en prison, fâché avec tout le monde. Surpris d’apprendre, il y a quelques temps, que dans ce tout le monde il y avait aussi Grégory R. Des gens que seule leur haine rattache encore à nous. Je n’imagine pas Céline autrement. […] Gardé toute la journée mon petit malade, qui fait d’impressionnantes poussées de fièvre et rend son dîner d’hier. E. rentre à 6h. La laisse prendre la mesure du désastre et saute dans un taxi pour récupérer ma fille chez Elisabeth. Je trouve la petite ravie : elle ramène le blé qu’elle fait pousser en classe, a mangé des sushis et repéré un teinturier pour sa robe.»

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